La Chambre de commerce et d’industrie de Paris organisait la 1ère Nuit du parcours professionnel le jeudi 8 octobre, de 18h à minuit à la Bourse de commerce de Paris.
Objectif : permettre à tous les salariés de s’informer sur la gestion de leur carrière et de faire évoluer leurs compétences. A cette occasion, a été dévoilée une enquête comparative France / Danemark sur la formation continue qui révèle les perceptions et attitudes des salariés de ces deux pays à ce sujet.
Dans le contexte actuel de crise économique et sociale, la CCIP a « souhaité mettre en parallèle les pratiques françaises avec celles observées au Danemark, pays exemplaire en matière de politique d’orientation et de formation tout au long de la vie », indique un communiqué diffusé jeudi 8 octobre. Une enquête réalisée avec l’institut Opinionway, du 17 au 22 juin 2009, auprès d’un échantillon représentatif de 964 salariés français et 505 salariés danois.
En Europe, les entreprises françaises sont parmi celles qui investissent le plus dans la formation au regard de la masse salariale. Concernant la formation diplômante, 80 % des salariés déclarent ne pas avoir la possibilité de suivre une telle formation et 70 % d’effectuer un bilan de compétences. « Cette année, un salarié français sur trois aura suivi une formation généralement courte (trois jours maximum dans 67 % des cas). Moins d’un sur deux estime qu’il travaille dans une société qui incite à la formation », précise l’étude.
Pour le salarié danois, la formation profite aussi bien à l’entreprise qu’au salarié : elle permet d’enrichir son CV et de développer son employabilité. Pour une large majorité d’entre eux (62 %), elle les protège d’un licenciement économique, dans la logique de la notion de « flexicurité » (pratique danoise alliant une grande flexibilité du marché du travail, un système d’indemnisation du chômage généreux et des politiques actives en faveur de l’emploi). Pour le salarié français, la formation est d’abord au bénéfice de l’entreprise. « Certes, elle développe des savoir-faire et des compétences mais elle ne permet pas de changer plus facilement d’entreprise donc de développer son employabilité », décrypte le sondage.
Pour 38 % des salariés français, la formation continue permet soit de se réorienter vers des activités plus porteuses, soit d’apprendre à gérer les effets de la crise. Sur : « la formation protectrice de la crise ? », les Danois sont partagés (45 % de oui). Ils considèrent que la formation, véritable outil d’adaptation aux évolutions du marché, préserve leur emploi (62 %). Les Français sont beaucoup plus sceptiques : 82 % pensent que la formation continue ne les protège pas de la crise.
Enfin, « l’idée d’exercer plusieurs métiers au cours de sa vie professionnelle est parfaitement intégrée, tant au Danemark qu’en France. Néanmoins, 75 % des Français contre 48 % des Danois estiment que la réorientation est encore un sujet difficile à aborder au sein des entreprises », conclut l’enquête.