Le premier rapport du Centre d’analyse stratégique (CAS), La Société française : entre convergences et nouveaux clivages, remis par Sophie Boissard, sa directrice, le 8 janvier à Dominique de Villepin, pointe la persistance des clivages structurels français (mal logement, inégalités entre genres, renforcement de la ségrégation). Il relève aussi de nouvelles segmentations parmi lesquelles : les positions des différentes générations et le niveau d’exposition aux risques sociaux, le chômage et l’insertion dans le monde du travail.
Dominique de Villepin recommande de « maintenir des politiques de l’emploi énergiques et inventer de nouveaux instruments ». Outre la fusion Assedic-Unedic, il propose de « réfléchir tous ensemble avec les syndicats, avec les entreprises, avec les économistes, à la mise en place d’une vraie flexi-sécurité à la française. Donnons aux salariés, a-t-il exhorté, les moyens de faire face à la mobilité pour qu’elle soit pour eux un atout et non pas un risque. »
Le Premier ministre a reconnu comme une réalité que « nous allons de plus en plus vers un marché du travail à deux vitesses (...) ; d’un côté les bons emplois, des emplois stables et bien rémunérés dans les métiers qualifiés, et de l’autre des emplois plus fragiles, des métiers avec des horaires et des durées de travail plus diversifiés, des changements plus fréquents et des qualifications moins élevées, notamment dans les services. » Pour remédier à cette situation, il a vanté les mérites de la formation et a prôné l’idée d’offrir une année de formation complète et gratuite pour les moins qualifiés dans les dix ans qui suivent leur entrée sur le marché du travail. Mais il a averti que « pour que cette mesure soit efficace, elle devrait s’accompagner d’une réforme en profondeur de notre système de formation continue ». Il devrait s’exprimer sur le sujet « dans les prochaines semaines. Autre piste relevée par le chef du gouvernement : la mise en place d’un prêt à taux avantageux pour les jeunes désirant acquérir « une qualification ou un diplôme de bon niveau ». Le CAS doit faire des propositions chiffrées sur ce sujet d’ici le 15 février.